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Le remboursement des médicaments à vignettes bleues passe de 35 à 30% au 2 mai 2011

Le remboursement des médicaments à vignettes bleues passe de 35 à 30% au 2 mai 2011

On se souvient que les vignettes oranges (médicaments déremboursés de 35% à 15%) on été réintroduites, à effet du 1er avril 2010. Dès le 2 mai 2011, les médicaments à vignettes bleues voient leur remboursement amoindri de 35% à 30%. De quels médicaments s’agit-il? Et leur service médical rendu (le SMR) est-il réellement insuffisant, ou s’agit-il d’une mesure uniquement économique ?

Le remboursement à 35% (vignette bleue) par le régime général de la sécurité sociale concerne des médicaments destinés à soigner des maladies sans grande gravité  et dont le Service Médica Rendu (le fameux SMR) n’a été reconnu ni comme majeur ni comme important.  

Clairement, il s’agit de plus d’un millier de médicaments particulièrement prescrits par nos médecins, et donc beaucoup consommés en France. Bon nombre de ces médicaments sont bien connus du Grand Public, qu’il s’agisse d’antalgiques (comme l’advil), d’anti-inflammatoires (comme le voltarène), d’anti-spasmodiques (comme le spasfon), ou d’anti-histaminiques (comme l’aerius), pour ne citer que ceux-là. Quelques médicaments homéopathiques aussi.

Tous ces médicaments sont déremboursés, et leur générique aussi, bien évidemment. 

Le but : une économie pour la sécurité sociale.

La répercussion pour les assurés sociaux : 5% de coût supplémentaire à assumer, sauf pour ceux qui possèdent une complémentaire santé qui « assume » le déremboursement.

Impact réel. La boîte de ces médicaments cités en infra coûte en moyenne moins de 3 €. Retenons 3 € comme base de calcul. La Sécu en rembourse maintenant 30%, au lieu de 35% naguère, c’est-à-dire 15 cts de moins… Peu, à l’échelle d’un individu, mais beaucoup à l’échelle nationale, puisque ce déremboursement concerne les médicaments accessoires (pas ceux essentiels pour soigner une pathologie) parmi les plus consommés sur notre territoire.

Finalement, en y réfléchissant un peu, ce déremboursement est bien moins pénalisant que la franchise de 50 cts appliquée sur chaque boîte de médicaments. Malheureusement, on cumulera les deux. Voyons ce que cela donne. Avant ces réformes, un « malade » classique, ne bénéficiant pas d’une couverture complémentaire, payait sa boîte de médicaments qui valait 3 €, 1,95 € de sa poche. Puis il l’a payée 2,45 €, avec l’application de la franchise de 50 cts… Il la payera maintenant finalement 2,60 €… Cette franchise, rappelons-le est plafonnée à 50 € par an et ne s’applique pas aux enfants, ni à ceux pris à 100% par le régime obligatoire, ni aux bénéficiaires de la CMU complémentaire… L’impact demeure donc limité aux assurés sociaux qui ne s’assurent pas par ailleurs à titre individuel ou collectif. Et ces déremboursements de médicaments successifs font grimper les cotisations assurantielles.

Et si, pour soulager les comptes de la sécurité sociale, on instaurait un principe de remboursement des médicaments à compter d’un certain seuil ? Pas de remboursement en-deça d’un montant de x euros par « maladie soignée ». Parallèlement, les organismes complémentaires pourraient mettre à disposition de leurs assurés des forfaits médicaments à l’année. Charge pour la sécu d’opérer alors un remboursement « renforcé » (à 100%) dans le cas de pathologies avérées et de traitements spécifiques. De toute façon, on ne pourra bien certainement plus tout rembourser, et si on a déjà commencé à « dérembourser », il faudrait peut-être simplement clarifier la situation des coûts et des besoins, et, encore une fois, cesser de confondre service médical et intérêt financier. Qu’importe, au fond, le prix de la boîte de spasfon, ou de son générique, son service médical rendu est régulièrement loué par des milliers de malades et aucun financier ne pourra prétendre le contraire… et être cru !

A consulter sur le même sujet : Les remboursements (et déremboursements) des médicaments par la sécurité sociale ; Accélération du déremboursement des médicaments au 1er avril 2010 ; Les nouvelles garanties médicaments prescrits et non remboursés ; Les déremboursements de la sécurité sociale pour 2011 

(Anne PELLAZ)